Il est là. Enfin. Après tant de temps.
Could it be any harder to say goodbye?
Il est encore loin. Mais je peux le reconnaître. Je pourrais le reconnaître parmi cent. Seulement par sa démarche. Ce pas qui se veut à la fois assuré et hésitant. Cette démarche indescriptible, finalement. La sienne.
Il s'approche peu à peu de moi. Je ne sens même plus mes jambes. Je ne sens plus rien. Rien. Sauf mon coeur. Ce coeur qui bat si fort.
Oh. Pourvu qu'il n'ait pas changé. Pourvu qu'il ne soit pas devenu seulement quelconque. Pourvu qu'il soit resté Lui-même. Lui, et rien d'autre.
Seulement quelques mètres nous séparent, à présent. Ces derniers pas semblent les plus durs.
J'ai l'impression que le temps s'est arrêté.
Comme si l'on avait mis le Monde en pause, le temps que l'on se retrouve. Comme si l'on voulait se retrouver seuls au monde. Comme si l'on ne voulait personne d'autre que Nous. Nous deux. Lui. Moi. Personne d'autre.
We don't need anything or anyone.
Ca y est. Il est devant moi. Il me regarde. Je le regarde.
I can't take my eyes off of You.
Rien d'autre. Nous sommes simplement là, l'un devant l'autre, à nous regarder.
Pas un mot. Pas une étreinte. Juste ce regard. Ce regard qui nous a toujours connectés l'un à l'autre.
Collide.
Comme avant. C'était amusant. Ce regard nous suffisait. Comme si la parole était devenue inutile. Comme si un seul regard suffisait à formuler notre pensée de sorte que chacun de Nous deux la comprenne, et même mieux encore que si nous échangions quelques mots.
I still remember.
Une complicité inouïe. Quelque chose que l'on ne trouve pas dans les livres. Pas même à la télévision. Pas même chez les autres, aussi.
Une relation simplement indéfinissable. Personne n'a jamais su la définir. Pas même Nous.
De l'Amour, de l'Amitié? Si seulement c'était aussi simple que cela! Ce ne serait pas vraiment intéressant. Simplement ordinaire.
It’s something you cannot fake.
Ses yeux sont grands ouverts. Les miens aussi. Je le sens. Je me demande d'ailleurs si j'ai autre chose que des yeux. Comme si mes yeux s'étaient ouverts sur toute la largeur de mon visage.
I could stay lost in this moment for ever.
Rien ne se passe. Rien de très explicite, en tout cas.
Stigmatized.
Nous aimions tant jouer dans l'implicite, Lui et moi!
Je me demande s'il se souvient de mon prénom. Oh! Je suis ridicule. Bien sûr qu'il s'en souvient.
Sometimes it's hard to believe you remember me.
Voilà cinq minutes que l'on est demeuré ainsi. A se contempler, l'un et l'autre.
Je tente de formuler une phrase. Raté. Pas même un son ne sort de ma bouche.
Je me sens rougir. Il a un sourire. J'en ai un à mon tour.
Cela dure quelques secondes, puis nous finissons tous deux par nous laisser emporter par un franc rire.
Et soudain, tout paraît plus simple. Ce sourire a été comme un déclic.
J'ai l'impression que nous sommes brutalement retournés dans le Monde réel. Avec les autres. Je les vois. Je les entends à nouveau.
Alors, il dit simplement "Bonjour!" Je lui réponds par un "Coucou!"
Il sourit. Il aimait tant ce mot. Il aimait me l'entendre dire. Je n'ai pas oublié. Lui non plus.
La conversation peut commencer. Rien de très extraordinaire. Une conversation que deux personnes pourraient avoir. Deux personnes. Autres que Nous.
" Comment tu vas? Bien. Et toi? Bien. Les études, ça marche? Oui et toi? Oui. Comment va ta famille? Bien, et la tienne? Aussi. Tu les salueras de ma part. Oui. Toi aussi. D'accord. "
Voilà. C'est tout. Tout ce que l'on se dit. Car la conversation s'arrête là. Apparemment.
De longues minutes s'écoulent. De longues minutes où l'on s'échange juste quelques regards gênés.
J'attends. Je crois que je ne peux rien faire. Je n'ai aucun sujet de conversation en tête. Aucun.
Moi qui ai toujours quelque chose à dire! Surprenant.
C'est de sa faute, à Lui.
Je crois que je vais partir. J'ai envie de disparaître sous terre.
Est-ce-qu'il me voit? Question stupide. Encore.
Je n'ai rien à dire. Je n'ai plus qu'à partir. Je me sens ridicule, devant Lui.
D'accord. Alors. Essayer de faire un pas. Non. Pas en avant!
Oups. Nos deux visages sont maintenant si proches! Bravo, Chloé! Bien joué. Chloé, ou l'art de se mettre dans une situation plus embarrassante encore que celle dans laquelle on se trouve déjà, si cela est possible!
Je me maudis intérieurement. Lui ne bouge pas. Ne semble pas perturbé par ma maladresse.
Okay. Je vais reculer.
Soudain, il me prend dans ses bras. Comme ça. D'un coup. Sans prévenir.
Il dit même : "Tu m'as manquée." Waouh.
You hold me in your hands.
Et moi je reste plantée. Là. Statique. Les bras le long du corps.
Je crois que je ne sais pas ce qui m'arrive.
Face à tant de réciprocité de ma part, il me lâche. Il est désolé.
Je le récupère. Tout de suite. Oh. Je m'impressionne. Je n'ai même pas réfléchi. Mon corps a été plus rapide que mon esprit, sur ce coup-là.
Je m'entends dire alors : "Tu m'as manqué aussi."
I'll stay with You for all the time.
Et là, plus personne autour de Nous. A nouveau. Juste Nous. Lui. Et moi.
Et cette étreinte a duré. Une heure, une journée, une semaine, un mois, un an, une vie... une Eternité.
Mathématiquement, peut-être pas. Mais spirituellement, si. je le sais.
Just know that these things will never change for us at all.
* by angelrock *